L'affrontement de deux visions de la révolution. Servi par deux superbes comédiens
Le 8 octobre 1967, après avoir été fait prisonnier, Guevara s'apprète à vivre sa dernière nuit. Il reçoit cette même nuit la visite du professeur Cabreira, un de nos contemporains, venu le questionner sur le sens de sa vie et de ses combats.
A travers ce dialogue entre les deux hommes se met en place un rude affrontement entre deux conceptions différentes de l'histoire, de la signification et de la justification de la révolution ainsi que de la définition de la barbarie. L'atmosphère quasi mystique de la nuit sud-américaine et du camp de prisonnier accentue le caractère passionnant et passionné de cette discussion épique. A la fin de celle-ci en ressort un portrait bien plus nuancé du Che, magnifiquement interprété par Olivier Sitruk, ainsi qu'un caractère moins manichéen de l'opposition stéréotypée entre révolutionnaires sanguinaires et réformateurs pacifistes. La profondeur de ce spectacle mis en scène par Gérard Gélas amène en un certain sens le spectateur à s'interroger sur sa position face à ce personnage historique dont le jugement relève souvent du fantasme et de l'utopie pour ses adorateurs ou de préjugés qui sont la base d'une certaine répulsion. Un spectacle que l'on ne peut qu'encourager vivement à aller voir du fait de la puissance de la réflexion qu'il provoque ainsi que de la performance non moins remarquable des acteurs. A défaut de tomber dans l'admiration ou dans la détestation du Che à l'issu de la représentation, le spectateur est amené à reconsidérer sa position et n'en ressort pas indemne!
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